

The scene and network for the artists and friends of contemporary visual arts.
Vers une nouvelle académie
Difficile d’échapper au terme, du moins dans son acception première, car c’est bien un regroupement d’artistes et, à travers ceux-ci, d’expériences, de savoir-faire et de pratiques artistiques divers qui s’organise sous l’égide et l’impulsion du WHO’S WHO Art club international, dont la Nouvelle Charte fixe à la fois le cadre et la dynamique. Nouvelle académie alors ? C’est en tout cas, année après année, une telle forme de rassemblement qui se dessine, avec des rendez-vous réels et virtuels entre pairs « actifs » du monde entier ; avec des rencontres de plus en plus riches avec le public ; avec cette passion commune pour l’art et sa longue histoire, ou plutôt – à l’heure du marché mondialisé de l’art – pour l’art et ses longues histoires ; avec ce goût des échanges par delà les frontières et les lieux, les modes et les modèles, les trajectoires personnelles et les ressources financières nécessaires à leur accomplissement. Mais cette académie-là, c’est aussi, et peut-être surtout, l’affirmation, à travers elle et au-delà d’elle, d’un territoire fonctionnant selon des règles qui lui sont propres, des règles qui ne consacrent pas le talent, mais contribuent, dans un pari toujours incertain, à le faire émerger d’une passion que révèle telle pratique artistique régulière. Des règles essentielles que nous rappelons ci-après car indissociables de notre raison d’être, elle-même nourrie des métiers du marché de l’art et de l’édition exercés simultanément ou séparément depuis plus de trente ans par les partenaires et collaborateurs du WHO’S WHO Art club international.
L’art d’aujourd’hui, du marché aux ateliers
L’art contemporain est devenu « tendance ». On peut même parler aujourd’hui d’un style « art contemporain ». Associé au design et à la mode, enfant chéri du mécénat d’entreprise, l’art contemporain est par ailleurs un must en matière de communication pour louer les performances et la créativité de grandes entreprises. Comme le sport. Mais cet art contemporain, que médias et marché promeuvent comme une évidence en Europe et au-delà, ne représente en fait qu’une très faible part de l’art que les artistes donnent à voir. De plus, comme le rappelait il y a peu l’artiste suisse Stefan Banz : « Quand on parle du marché de l’art et du prix des œuvres, il ne faut pas oublier qu’aujourd’hui 90% des artistes ne vivent pas de leur travail » (1).
La production artistique se révélant trop diverse pour « entrer » dans le seul circuit des galeristes internationaux « incarnant » le marché de référence et rassemblés dans les grandes foires d’art (2), un autre « marché » s’est développé, pour ne pas dire imposé, à côté des galeries locales et autres salles alternatives de proximité, celui des artistes indépendants, dont les principales vitrines publiques restent les manifestations et salons organisés et financés par les artistes eux-mêmes, parfois avec le soutien financier des pouvoirs publics dans les pays où cette tradition existe – tels les grands salons français cumulant droits d’accrochage payés par les artistes et subventions (3).
Dans notre précédent éditorial, « Planète Artistes, hier et aujourd’hui », toujours en ligne ici, nous avons notamment rappelé le rôle d’entrepreneur joué autrefois par les grands artistes impliqués dans la diffusion de leur travail. Aujourd’hui, soit en direct, soit à travers des opérateurs choisis par lui, l’artiste indépendant retrouve un rôle premier dans la représentation et le commerce de son art, et lui restitue une légitimité que les effets despotiques du marché moderne de l’art, né avec l’art moderne, lui avait dérobée. C’est dans ce contexte qu’il faut comprendre l’action du WHO’S WHO Art club international en faveur des artistes où qu’ils soient, engagés, comme leurs pairs autrefois, dans la diffusion de leur travail et donc dans la rencontre des publics privé et professionnel en quête de découvertes que n’offre pas le marché de référence.
Les artistes qui « méritent toute notre attention »
Le critique d’art français, M. Francis Parent, membre de l’Association internationale des critiques d’art (AICA) et concepteur du site « Artrinet », dans son introduction à l’édition 2012>2013 du WHO’S WHO IN INTERNATIONAL ART, que le WHO’S WHO Art club international édite tous les deux ans, s’est attardé sur ce contexte et notre propre rôle : « Dans ce paysage artistique en désordre – pour ne pas dire en déréliction – l’initiative du WHO’S WHO IN INTERNATIONAL ART est tout à fait remarquable car elle tend à offrir une visibilité plus grande à des artistes qui, sans être les plus en vue, ont par la qualité de leur travail et leur ténacité, su gagner notre confiance. Des peintres et des sculpteurs qui travaillent sans tapage dans de multiples voies et dont la diversité même a beaucoup à nous apprendre sur la sensibilité et le goût de notre Temps. Au même titre que les “vedettes“ ils méritent donc toute notre attention comme ils méritent celle de l’amateur qui ne doit pas se laisser impressionner par ceux qui crient plus fort dans les foires ou qui font la une des journaux spécialisés. Nous devons au contraire, tous ensemble, prêter l’oreille à toutes ces frêles voix qui, chacune à sa manière, nous ouvrent au bruit du monde.» Tout est dit, ou presque !
Qu’il s’agisse des éditions du WHO’S WHO IN INTERNATIONAL ART, des écrits de la rédaction (lire les éditoriaux), des expositions, du salon nomade (SAM), de ses partenariats avec d’autres médiateurs (galeristes, responsables institutionnels, critiques…), toutes les activités du WHO’S WHO Art club international réunies sur cette plateforme électronique ne visent en effet qu’à éclairer toujours davantage les artistes qui « méritent toute notre attention », comme le souligne avec raison M. Francis Parent.
Mais il faut insister aussi sur la manière, autrement dit sur la dynamique énoncée dans la Nouvelle Charte, en soulignant tout de suite son caractère novateur. Pour les artistes qui, à l’heure d’Internet, continueraient à penser la diffusion de leur travail en s’inspirant de leurs pairs du XIXᵉ siècle, notre organisation aurait à l’évidence tout du « boson de Higgs » avant sa découverte récente à Genève : une hypothèse parmi d’autres – mais qui n’en est plus une aujourd’hui… Pour les autres, au contraire, parce qu’ils vivent de l’intérieur le contexte rapidement résumé plus haut et ses effets réducteurs sur l’ensemble de la création vivante et donc sur la leur, « notre » dynamique ouvre – et leur ouvre – des perspectives nouvelles.
Un élan contagieux, créateur d’opportunités et de réussite partagée
Le WHO’S WHO Art club international ne se conçoit pas comme un opérateur ni même comme un médiateur, du moins pour ce qui relève de la finalité des actions qu’il entreprend. Si ces métiers lui sont familiers, à travers lui, ils ne sont en effet que des moyens pour atteindre l’essentiel : accompagner des artistes en suscitant des regroupements entre eux, mais aussi avec des publics passionnés, amateurs de rencontres et découvertes artistiques (pour une part, les visiteurs qui font le succès des grands lieux historiques ou culturels) et des médiateurs tentés par le grand large. De leur côté, car indépendants, les artistes s’engagent dans les activités conduites par le WHO’S WHO Art club international en se les appropriant, en les faisant connaître autour d’eux, en les étendant partout où cela est possible, en en suscitant de nouvelles avec la complicité du WHO’S WHO Art club international.
Sous cet éclairage, eux-mêmes deviennent individuellement et collectivement des « médiateurs » associés aux activités développées en leur faveur. L’élan étant contagieux, les idées et opportunités grandissent et s’enrichissent ainsi davantage. Les efforts de chacun envers d’autres artistes (rejoignez-nous!) et d’autres publics (découvrez-nous!) « font » cette dynamique et finalement profitent à tous : artistes, publics passionnés, médiateurs curieux. Un climat de confiance réciproque nourrit de tels échanges, tant chez les artistes entre eux que dans leurs rapports avec la rédaction du WHO’S WHO Art club international (4). Et cela sans rupture avec la trajectoire propre à chaque artiste puisque celui-ci conserve toute sa liberté pour collaborer avec d’autres partenaires de son choix, y compris ceux venus jusqu’à lui grâce à sa collaboration avec le WHO’S WHO Art club international.
On ne saurait expliquer autrement le succès rencontré jusqu’à présent par le WHO’S WHO Art club international, sauf à ajouter, bien sûr, l’effet des procédures d’admission au WHO’S WHO Art club international appliquées en amont, fondées sur une connaissance réelle du travail et de l’engagement vers le public de chaque artiste et sur l’existence d’un parcours allant de l’artiste Ami-e à l’artiste Membre.
De l’artiste Ami-e à l’artiste Membre
Chaque artiste admis est d’abord un artiste Ami-e inscrit dans le Répertoire des Artistes Ami-e-s, selon les critères détaillés dans la Nouvelle Charte. Ils seront bientôt plus de 3000 dans le monde.
En substance, deux figures d’un même critère sont à l’origine du parcours précité: être actif à la fois comme artiste (à l’atelier) et comme médiateur de son propre travail (hors de l’atelier). Si l’artiste produit et progresse dans le silence de l’atelier, le même montre, accompagne, partage et met en vente dans ses rencontres régulières avec le public et parmi ses pairs. Cette action en deux temps et dans le temps est la marque distinctive des artistes Ami-e-s du WHO’S WHO Art club international. Et la garantie offerte au public d’un parcours et d’un engagement artistique bien réels.
C’est également pourquoi, l’artiste Ami-e est en capacité de devenir artiste Membre seulement après avoir collaboré avec le WHO’S WHO Art club international comme artiste Ami-e. Un passage qui justifie alors sa présence dans le « Catalogue des Galeries virtuelles des artistes Membres ».
Les activités du WHO’S WHO Art club international sont développées en relation avec ce parcours caractéristique de l’artiste Ami-e et Membre, constituant, si l’on y ajoute les tâches de la rédaction, la matière vive d’une académie en formation, ayant pour centre le WHO’S WHO Art club international.
Des expositions et écrits pour une meilleure visibilité
Pour rencontrer le public, il faut évidemment exposer. Mais encore faut-il savoir où exposer, car tous les lieux ne sont pas également fréquentés par le public et il est par ailleurs des lieux d’exposition sans intérêt. Mais rencontrer le public, c’est aussi (on vient de le voir) l’accompagner en lui fournissant des repères significatifs éclairant – en les mêlant – trajectoires particulières (pour nous, des artistes Ami-e-s et Membres) et contexte plus général (marché, institution, médiation).
Les activités conduites par la rédaction du WHO’S WHO Art club international répondent à cette légitime exigence : des expositions toujours organisées dans des lieux/sites/localités vraiment fréquentés (Nice, Genève, Bruxelles, Auvers-sur-Oise, Paris, Giverny…), avec une communication et la production d’archives relayant leur résonnance (avant, pendant et après les manifestations) et un service réel à l’exposant (jusqu’au déballage des œuvres pour les artistes qui ne peuvent pas se déplacer, et, si nécessaire, leur réemballage et retour) ; tandis que les travaux éditoriaux papier et numériques rencontrent la curiosité des visiteurs et lecteurs en explorant à travers les catalogues des expositions, les éditoriaux numériques, les éditions papier du WHO’S WHO IN INTERNATIONAL ART… ce qu’offre à voir les artistes Ami-e-s et Membres parmi les artistes du marché et de l’institution.
L’agora des artistes Membres
Depuis le 1er juillet 2012, les artistes Membres ont leur propre espace (Espace Membres) sur cette plateforme. Conseils, informations, expériences vont ainsi peu à peu s’échanger tant entre artistes Membres qu’entre la rédaction et les artistes Membres. Il sera d’autre part un relais pour des recherches pratiques d’artiste Membre à artiste Membre (recherches ou propositions de stages, voyage d’études, hébergement, matériels de production, accessoires d’atelier, etc.). Toutefois, et contrairement à d’autres sites, la présente plateforme est placée sous le contrôle exclusif de la rédaction du WHO’S WHO Art club international, y compris l’Espace Membres. Aucune information n’est donc directement mise en ligne par des artistes Ami-e-s ou Membres. Et les échanges entre artistes Membres passeront eux aussi par des rubriques et annonces mises en ligne seulement par la rédaction. Soit la garantie pour les visiteurs de notre plateforme d’une validation des informations par la rédaction, même entre artistes Membres.
Les prochaines activités à suivre
Le programme 2013-2014 du WHO’S WHO Art club international est en cours de préparation. A suivre : la réunion annuelle des artistes Ami-e-s et Membres en décembre 2012 ; les expositions à Paris en 2013 ; le trentième anniversaire du WHO’S WHO IN INTERNATIONAL ART, avec la collaboration du fondateur de la célèbre revue d’art française Artension : M. Pierre Souchaud.
Pour en savoir plus si vous êtes amateur d’art ou diffuseur, ou si voulez nous rejoindre comme artiste Ami-e, n’hésitez pas à nous contacter en cliquant ici.
La rédaction
(1) Le Temps, 16 juin 2010.
(2) Le marché de référence n’a rien d’abstrait. Il est représenté par des acteurs parfaitement accessibles, les exposants des grandes foires d’art, soit aujourd’hui : Art Basel en Suisse et aux États-Unis (en rachetant en 2011 Art HK, la foire d’art de Hongkong, Art Basel, la plus importante foire d’art du monde, étend son influence en Asie) ; la Foire Internationale d’Art Contemporain (FIAC) à Paris ; Frieze Art Fair à Londres ; en perte de vitesse pour l’instant, mais encore présentes : Arco à Madrid et Art Cologne (Allemagne).
(3) Sur les conditions financières de participation des salons d’artistes, lire « Salon d’artistes en France : mode d’emploi », de notre précédent éditorial « Planète Artistes, hier et aujourd’hui ».
(4) Voir sur ce point, la dernière partie de la Nouvelle Charte (version intégrale).
Les deux illustrations de cet éditorial sont extraites de la soirée du 10 décembre 2011 organisée à Paris par la rédaction du WHO’S WHO Art club international.


